Si près de l'or.... (article France Olympique....)
Un verre à moitié plein ou à moitié vide ? D'un côté, le relais 4x100m français a été le principal animateur d'une course d'anthologie, abaissant de plus de quatre seconde son record d'Europe (3.08:32), et remportant une médaille d'argent historique derrière les Etats-Unis. D'un autre, l'or lui tendait encore les bras à 20m du but, seulement 8/100e ont séparé Jason Lezak et Alain Bernard, et une occasion pareille aux Jeux ne se présentera peut-être pas de si tôt.
Alain Bernard s'est fait déposséder de son record du monde par le premier relayeur australien, Eamon Sullivan (47 :24). Lorsqu'il s'est élancé, en dernier, Fabien Gilot et Frédérick Bousquet, supersoniques, lui avaient ménagé une avance de 59/100e. Il a touché aux 50m en tête, mais l'Américain Jason Lezak a pris sa vague, l'a remonté, est revenu à hauteur et s'est imposé de justesse sous les hurlements de ses coéquipiers.
Alain Bernard : « C'était assez dur, intense avec pas mal de pression quand même, on va pas le cacher. Avant, il y avait un bel enjeu au bout et on avait envie de ne rien rater et de se faire plaisir. Voilà on a peut-être été moins fort sur quelques points, je sais pas quoi encore.
On a une belle médaille d'argent, on va pas cracher dessus quand même. Ce qui nous a manqué ? de la chance peut-être. A l'arrivée, on se dit c'est ch..., on n'est que 2e. On aurait pu faire mieux mais avec des "on aurait pu" on pourrait refaire le monde. Je pense qu'on s'est donné à fond, on n'a pas de regret à avoir de ce côté-là. C'est fait, c'est fait, ça ne sert à rien de s'acharner là-dessus. Maintenant, je vais penser à bien récupérer parce que ma semaine commence à peine, pour Fabien (Gilot) aussi, pour Fred (Bousquet) aussi. On a encore de belles choses à faire. Ce n'est pas encore évacué mais je vais aller récupérer parce que ça fait un peu long, la cérémonie tout ça. je ne veux pas que ça laisse de traces.
Ce que j'avais en tête avant de prendre le dernier relais ? Eh bien, toucher en tête ! Quand mes collègues s'arrachent pour me donner un mètre d'avance et qu'on arrive un peu derrière, c'est obligé qu'on soit déçu parce qu'ils se sont arrachés mais moi j'ai le sentiment de m'être surpassé. Je coince vraiment aux 80 m. Je résiste, je résiste un mètre, 10 mètres, 15 mètres. ça se joue à la touche vraiment, pas grand-chose »
De l'argent au goût amer (article eurosport.fr)
Natation - Pékin 2008
Grand favori, le relais tricolore n'a pris "que" la deuxième place du 4x100m à Pékin, lundi. Devancés par leurs homologues américains, qui ont pulvérisé le record du monde, Leveault, Gilot, Bousquet et Bernard ont dû se contenter de la médaille d'argent. Pour huit centièmes...
En Chine, le huit est un chiffre porte-bonheur. Pour la natation française, il est désormais synonyme de cruelles déceptions. Après Coralie Balmy qui a raté la médaille de bronze du 400m nage libre pour cet écart, le relais tricolore a connu la même désillusion en finale du 4x100m. Favoris de l'épreuve, Amaury Leveaux, Fabien Gilot, Frédérick Bousquet et Alain Bernard sont passés à un cheveu d'un titre olympique qui n'aurait jamais dû leur échapper. En 3'08"32 (nouveau record d'Europe), l'équipe de France s'est vu souffler la médaille d'or par son homologue américaine. Dans un scénario que n'aurait pas renié Sir Alfred Hitchcock.
Dans la même configuration que lors du relais de l'Open de Paris, durant lequel les Bleus avaient battu le record d'Europe, c'est Amaury Leveaux qui lance l'équipe de France. Désireux de se consacrer à cette finale, l'élève de Lionel Horter a déclaré forfait pour les demi-finales du 200m nage libre un peu plus tôt dans la matinée. Moins rapide qu'en séries (47"91 contre 47"76 la veille), le Mulhousien passe le relais à Fabien Gilot. Devant, le Sud-Africain Eamon Sullivan touche le premier en 47"24, améliorant de 26 centièmes le record du monde du 100m d'Alain Bernard (47"50). La première mauvaise nouvelle pour le Français...
Bernard est parti trop vite
Parti quatrième, le Marseillais Gilot (47"05) remet les Bleus dans le bon sens, à la 2e place provisoire à mi-course. Tonitruant samedi en séries (46"63), Frédérick Bousquet produit le même récital en finale, au centième près. Quand il passe le relais à Alain Bernard, l'équipe de France est première. Loin devant les Etats-Unis, ralentis par leur "maillon faible" Cullen Jones (47"65). Rien ne laisse alors présager que la victoire va échapper au clan tricolore, d'autant plus que le travail doit être fini par la fusée Bernard. Parti beaucoup trop vite (premier 50m en 21"27), le nageur entraîné par Denis Auguin, aborde le retour avec 82 centièmes sur son premier poursuivant Jason Lezak. C'est le moment que choisit l'Américain pour produire son effort.
Calé dans le sillage de Bernard, qui a peut-être commis une erreur en nageant collé aux flotteurs, Lezak a le Français en ligne de mire. Sans s'affoler, le champion olympique du 4x100m 4 nages d'Athènes efface son deuxième 50m en 24"56 pour effacer son 100m en... 46"06 (!). Les quinze derniers mètres paraissent interminables pour Alain Bernard (pourtant auteur d'un chrono de 46"73). C'est à la touche que Lezak offre l'or à son pays. Battu à Sydney (par l'Australie) puis à Athènes (par l'Afrique du Sud), le relais US a remis les pendules à l'heure américaine à Pékin.
En 3'08"24, il a surtout explosé de près de 4 secondes (-3"99) le record du monde fixé la veille par son équipe bis en 3'12"23. Premier relayeur, Michael Phelps, qui a nagé en 47"51 (soit à 1 centième de l'ancienne meilleure marque mondiale de Bernard), s'offre donc un deuxième titre olympique en Chine, après celui du 400m 4 nages, dimanche. Avec huit médailles d'or, le kid de Baltimore n'est plus qu'à une médaille du record de son compatriote Mark Spitz. Au grand dam de ses adversaires tricolores qui représentaient le seul obstacle à sa future moisson...